Samedi 19 mai 2012 6 19 /05 /Mai /2012 07:41

coq-de-combat-1.jpg Cette histoire se passe, tout au début de notre installation dans notre nouvelle région, il y a environ cinq ans.  Un couple de notre commune nous avait invités mon épouse et moi, à prendre un verre de bienvenue.

 

Ces personnes habitent une sorte de manoir, qui fut durant plusieurs décennies, une pension pour jeunes-filles de familles aisées. Transformé et rénové, l’endroit est magnifique avec un parc immense et de nombreuses dépendances stylées...

 

Nous étions en train de prendre des rafraichissements sur la terrasse quand une voiture arriva et se rangea dans la cour, sous un marronnier. Un personnage grand, costaud, ruisselant de sueur, vêtu d’un pantalon de travail bleu crasseux et d’un tricot de corps du même tonneau s’extirpa du véhicule. Il s’avança, la main tendue vers notre hôte, un large sourire illuminant une face rougeaude barrée d’une imposante moustache ! Je suis venu vous dire que mes prunes sont mures, vous pouvez venir en cueillir quand ça vous chantera, mais ne trainez pas trop quand même...

 

Notre ami lui offrit un siège et lui fit servir un verre de vin rosé qu’il avala d’un trait, tendant aussitôt son verre pour en obtenir un second, qui prit illico la même direction.  Notre hôte nous présenta le personnage, un homme utile nous annonça-t-il qui occasionnellement pourrait vous rendre quelques services et vous vendre un mouton, quelques volailles et même du bois de chauffage !

 

Tenez ... Si vous êtes libres demain, venez avec nous, nous irons cueillir les prunes ensemble nous proposa notre hôte.  La cause fut entendue et le lendemain à l’heure prévue, nous nous rendîmes ensemble chez le personnage dont l’allure le langage et les yeux malicieux me firent penser aussitôt à ‘’ Dominici,’’ le héros malgré lui de l’affaire du même nom qui défraya la chronique il y a de nombreuses années... 

 

La maison une sorte de ferme, vestige d’un autre âge était vaste, mais dans un état de saleté innommable, ça puait le fumier, la sueur, et les déjections d’animaux divers...Il y avait de la vaisselle sale partout sur la table, les meubles, les étagères, sur l’évier, du linge sale sur toutes les chaises, et pendus sur des clous à même les murs ... Bref la saleté était partout présente.

 

Nous fumes cependant aimablement reçu par l’épouse du personnage qui elle ressemblait à ‘’Tartine’’ héroïne d’une bande dessinée que les moins de 60 ans n’ont pas pu connaître, très négligée elle aussi... Sont tablier aurait pu tenir debout appuyé contre un mur !  Nous fûmes contraints d’accepter à contrecœur, dans un ancien petit verre à moutarde douteux, d’aspect, un doigt de porto, avant de partir cueillir les prunes au fond d’une prairie où pâturaient quelques moutons.

 

En passant devant une grande volière où étaient mélangées poules, canards, pintades, pigeons et faisans, je me permis de faire remarquer à ‘’ Dominici ‘’ que le coq ressemblait beaucoup à ceux de ma région d’origine, un coq Flamand ...

 

C’en est un, s’écria-t-il et un vrai.  Il vient de là-bas, de chez toi ! Figures-toi me dit-il amicalement ‘’ comme si nous avions gardé les cochons ensemble, ‘’ que mon fils après un accident du travail a fait un stage pour apprendre un nouveau métier. Là-bas, il a rencontré une jeune femme de ‘’ ton pays ‘’ fille d’agriculteurs.

 

Chaque fin de semaine elle repartait dans le nord. Le lundi elle rapportait de quoi manger de chez elle. Un jour qu’elle avait trop d’œufs, elle en a donné quelques uns au fils, je les ai mis à couver pour voir... Et voilà pourquoi j’ai des poules et un coq de race flamande.

 

Je n’ai jamais cherché à revoir ce type qui passe dans le pays ‘’ pour un drôle de paroissien ! ‘’ Pourtant j’aurais bien aimé lui acheter un coq flamand !

 

A.A. Lavoye du Vivier

 

Photo X 


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Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 10:33

Comme un Chevalier blessé juché sur son haridelle,

Je supporte la vie actuelle, avec biens des difficultés….

Les femmes et les hommes ont tellement changés,

Ils s’émeuvent pour rien, mais n’observent plus l’hirondelle,

 

Ils écoutent leurs téléphones,  regardent leurs messages,

Subissent le stress permanent de leur vie turbulente,  

Ne regardent plus les oiseaux de passage,

Annonciateurs de jours meilleurs en attente.

 

Regardez-les devant un écran, ils ne s’amusent plus, ils combattent,

Alors qu’ils sont contre les guerres, la police, l’ordre établi…

La plupart ne travaillent pas, ils n’ont pas appris à se battre,

Ils auraient l’air bien gauche, devant un établi !

 

La jeunesse n’a pas de chance, on lui a donné trop de moyens,

Plus de fessée, plus de repaire, faiblesse d’une mère, pas de père

L’enfant roi d’hier a tué l’adulte de demain,

Il est temps que viennent l’aire nouvelle, de l’ordre rétabli par les pairs.

 

Je ne serai plus là pour assister à l’hallali de ma France,

Celle de Voltaire,  celle d’Hugo,  celle aussi de Charles Trenet

Ce pays qui d’une vie de labeur certes, mais heureuse m’a fait profiter

Je partirai triste pour l’avenir, des petits matins de mon enfance …

 

Ma France !

 

A.A.Lavoye du Vivier.

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Contes et Nouvelles
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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 09:54

Le printemps et là ! La nature se réveille doucement

Telle une belle endormie après un  trop long sommeil.

La terre avide d’air et d’eau,  après gel et  vent violent,

Se gonfle et laisse éclater par tous ses pores, ses merveilles.

 

Timides violettes, cachées aux pieds des noisetiers,

Hardies jonquilles qui se dressent en pleines prairies,

Pâquerettes qui envahissent  les champs et les près

Dieu que la nature est bien faite... Dieu que la campagne est jolie !

 

Dés les premiers rayons de soleil , dans le ciel clair monte l’alouette,

Elle se mire dans le moindre éclat de verre que l’astre lui révèle,

Son chant mélodieux nous enchante tant, que nous posons râteau et brouette,

Pour mieux l’écouter. Là-bas, derrière le gros chêne, des perdrix s’interpellent…

 

Ne bougeons plus, profitons de ces instants magiques, de ce concert prestigieux…

Avant que les bruyantes machines retournent la terre, sèment les graines, plantent la vie.

Le spectacle des blés verts frémissant sous le vent léger, aura grâce à nos yeux.

Le lièvre et  le chevreuil traversant les sous-bois aiguiseront nos envies.

 

Et nous penserons en voyant le couple de colverts habitués de la mare,

Suivis par leurs canetons en ribambelle, que la saison  des amours bat son plein,

Qu’il est temps de reprendre nos outils, de s’occuper du jardin,

Si nous voulons profiter de cette terre,  d’y mériter notre part !

 

A.A.Lavoye du Vivier

 

Pellevoisin le 09/04/2012

Par Chevalier de Clermont
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Dimanche 8 avril 2012 7 08 /04 /Avr /2012 08:41

A.B. fut jusque dans les années 1960 un sacré personnage. Il vivait dans une commune du Pas de Calais, située dans les premiers replis des collines d’Artois, dans l’arrière pays Ardrésien !

 

Paysan d’extraction noble, très riche en biens mobiliers, en terres forestières et agricoles, il avait hérité de cette immense fortune de sa famille, qui disait-on dans le pays descendait du ‘’ Grand Batard ‘’ de Bourgogne, par la fesse gauche… A.B possédait de nombreuses villas sur la côte Normande, des immeubles en province et à Paris.

 

Original et marginal, il fit beaucoup parler de lui, par sa façon d’être.  Homme autoritaire,   fort de son bien, et de ses droits, connaissant parfaitement les lois surtout celles enclines en sa faveur, il ne tolérait rien ni personne sur ses domaines, n’hésitant jamais à pointer son fusil de chasse en direction d’un ramasseur de bois mort, ou d’un cueilleur de champignons…  

 

Petit trapu, le teint rougeaud, toujours vêtu d’un pantalon de toile bleue et d’une veste en velours noir râpée, rapiécée aux coudes, A.B. n’enlevait jamais le béret crasseux enfoncé jusqu’aux oreilles qui lui servait de couvre-chef !  

 

Il ne fréquentait personne ou presque, on ne lui connaissait aucun ami autre que son notaire maître H.C. en qui il avait toute confiance. Personne n’entrait jamais dans sa maison. Il recevait les visiteurs et ses employés dehors, signait les baux, et autres papiers notamment lors des livraisons des vins de Bourgogne dont il était amateur sur la margelle du puits. Lorsqu’il pleuvait ou quand le vent soufflait trop fort il expédiait ces formalités   dans une grange, sur la plateforme d’un baignot… 

 

Il avait pour le servir une bonne prénommée marie, une grande et jolie fille brune beaucoup plus jeune que lui, qui vivait sous son toit.  Véritable bonne de curé, Marie assurait l’intendance et épanchait également disait-on dans le village les besoins intimes du maitre des lieux.

 

Sa ferme seigneuriale était immense, relativement en bon état, les granges les écuries et autres bâtiments agricoles avaient été bien entretenus au temps du père.

La demeure était joliment équipée, les parquets cirés, des tentures et des tapis ornaient chaque pièce. Sur les murs,  des  tableaux anciens parfaitement conservés  rappelaient  la  Cène,  l’Angélus  et  autres épopées picturales  Flamandes  des XI ème et  XII ème …  Buffets, coffres, commodes,  armoires,  tables,  chaises,  fauteuils stylés,  meublaient agréablement  cette belle demeure,  que décoraient aussi pendules et bronzes…  
   

Cependant A.B se tenait toujours dans l’immense  cuisine, une pièce rustique, dallée grossièrement,  avec d’un côté une grande cheminée dans laquelle aurait pu rôtir un bœuf,  et à l’opposé un fourneau à bois conçu pour assurer la cuisson des repas d’une maisonnée entière,  domestiques compris…

 

Au milieu, une grosse et longue table en chêne massif creusée d’une douzaine de trous grands comme de profondes assiettes, un banc de part et d’autre permettait de s’asseoir.  Deux fauteuils en bois grossiers étaient disposés dans l’âtre même de la cheminée sur l’un d’entre eux un coussin en laine tricoté laissait supposer que Marie avait le droit de veiller le soir avec le maitre…

Contre le mur opposé à la fenêtre, se trouvait un grand lit à baldaquin fermé comme une armoire A.B dormait aussi dans cette pièce.

 

Bref le riche fermier vivait pratiquement comme les paysans pauvres du XIII siècle, dans une seule pièce, sans eau courante, sans électricité !

 

Au centre de la cour, une tour à échauguettes abritait deux cent couples de pigeons au moins qui se nourrissaient dans les champs des alentours au grand dam des métayers du personnage.  S’il avait abandonné veaux, vaches, cochons, baudets, A.B. élevait des poules, des canards et des oies que Valère son garde-chasse nourrissait chaque jour…

 

Orléans un hongre Boulonnais docile à l’attelage, servait à A.B pour faire le tour de ses propriétés et pour conduire marie à l’église où elle fleurissait l’autel de temps à autre, ou quand ils allaient ensemble se recueillir sur leurs tombes familiales respectives…

 

Ces visites au bourg suscitaient chaque fois les commentaires des bigotes, et la jalousie de quelques hommes envieux d’A.B.  Sur leur passage, les têtes se baissaient, certaines les yeux clos priaient Dieu ou la Vierge pour l’âme de cette pauvre fille obligée pensaient-elles de satisfaire un tel monstre.

  

D’autres ne comprenaient pourquoi il avait la chance de vivre à côté d’une aussi jolie femme.  Toutes et tous plaignaient Marie qui supportait un maitre aussi terrible et rigoureux avec les autres !  Personne cependant n’aurait osé faire la moindre réflexion à Marie ni à l’homme qui était redouté et respecté de tous !

 

Lorsqu’il se rendait au marché du bourg voisin, il utilisait sa 4 chevaux, cadeau de sa mère défunte, celle-ci était reconnaissable de loin, car elle portait sur les portières avant l’emblème des comtes de Bourgogne, mais il est vrai qu’elle se faisait remarquer surtout par les fientes de pigeons qui en maculaient l’habitacle …

 

Marie l’accompagnait, ils profitaient pour déposer quelques poules, canards, lapins et pigeons sacrifiés à l’auberge.  C’est toujours Marie qui recevait l’argent de cet élevage, du reste un volailler passait à la ferme régulièrement et réglait à la jeune femme la totalité de ses enlèvements.

 

Marie ne semblait nullement malheureuse de sa condition. Du reste elle était toujours habillée avec goût et à la mode, A.B lui parlait avec gentillesse et était avec elle d’une politesse extrême, il la vouvoyait en public (son notaire qui fut aussi mon ami jusqu’à sa mort en l’an 1998) m’assura toujours qu’A.B aimait cette fille comme sa moitié et même plus et que cet amour étrange était partagé par celle-ci.

 

Au marché, A.B faisait ses emplettes, uniquement pour l’entretien de son petit outillage, des bombons et des biscuits dont il raffolait. Marie de son côté achetait des épices et des condiments, mais aussi de quoi laver la vaisselle, un vêtement et des bas quand elle en avait besoin ou envie.

 

L’homme ne disait bonjour à personne, ne répondait pas aux salutations des uns et des autres, dont souvent il était le propriétaire de la maison, de la ferme ou des terres…

 

Ceux qu’il avait un jour chassés d’un bois, d’un étang ou d’un champ où il interdisait le glanage se détournaient de son passage, car il avait pour eux un regard glacial et méprisant qui faisait peur !

 

Un matin, maitre H.C. Son notaire vint lui annoncer que le locataire d’un de ses immeubles parisiens en l’occurrence un grand hôtel pour ne pas dire un palace n’avait pas honoré deux échéances de loyer.   Malgré deux missives de rappel, le directeur ne donnait pas signe de vie.

 Le notaire lui proposa de faire intervenir un huissier de justice… A.B. lui affirma d’un ton ne permettant pas la réplique qu’il allait s’occuper de cela lui-même !

 

A.B. remercia son notaire, il lui offrit comme à chacune de ses visites un petit verre de goutte, puis après que ce dernier eut pris congé, il sortit sa 4 chevaux de sa remise, posa son fusil de chasse enveloppé dans une couverture sur le siège arrière de la voiture et demanda à Marie de lui préparer un casse-croute.

Après avoir déjeuné, il prit la direction de Paris par la Nationale N° 1 unique route à l’époque pour se rendre dans la capitale ! Il arriva sans difficulté place Vendôme en fin d’après midi, et gara sa petite Renault devant l’hôtel.

 

Aussitôt le voiturier se précipita et lui intima l’ordre de ne pas rester là, l’emplacement étant réservé aux clients de l’établissement. 

D’une simple chiquenaude, A.B. fit reculer l’employé et se précipita dans le hall de l’hôtel. Un réceptionniste à son tour se rua sur notre homme en lui précisant que les mendiants et les clochards n’étaient pas admis dans ce lieu. 

 

Il faut dire qu’A.B. était vêtu comme d’habitude de son pantalon de toile bleue de sa veste en velours usagée, de ses bottes et qu’il n’avait pas pris la peine de changer de béret, lequel était taché de fientes de pigeons tout comme du reste les épaules de sa veste…

 

 Arrière manant s’écria-t-il en le poussant violemment je suis A.B. le propriétaire de l’immeuble.  Je veux voir le directeur, je viens chercher l’argent qu’il me doit…Et il se précipita vers le bureau du responsable. Ce dernier qui avait entendu les cris d’A.B et du personnel sortit précipitamment de son antre directionnel et accueillit comme il se doit son propriétaire.  Avec moult excuses, il lui remit sur le champ et en espèces l’argent dû avec les intérêts de retard.  

A.B. s’en retourna dans sa province…Non sans avoir menacé avant de partir le responsable du palace de clôturer le bail de location de l’immeuble si la chose devait se reproduire !

 

A.B. quitta notre bas monde en 1967, il avait 70 ans. N’ayant aucune famille proche, il laissa par testament à Marie sa bonne une fortune colossale en biens divers, malgré la prodigieuse ponction de l’Etat.

 

Maitre H.C m’assura que l’héritage caché en or et en espèces amassé par A.B était gigantesque.  Seule Marie savait où il se trouvait ce trésor, elle put en profiter et en faire profiter sa famille ainsi que de nombreux pauvres autour d’elle…

Marie lui resta fidèle jusqu’à sa disparition une trentaine d’années plus tard.  Elle repose depuis aux côtés d’A.B dans le petit cimetière de J.     

 

 

Je venais de commencer ma carrière journalistique quand mon ami maitre H.C son notaire, après un succulent dîner, devant une flambée de bois sec, face à une bouteille de vieille prune de Souillac m’a raconté cette histoire !  

 

L’homme vous aurait plu, m’assura-t-il, il n’était pas celui qu’il laissait paraître, je l’aimais beaucoup malgré sa rudesse.   Vous auriez su le faire parler de ses parents, de ses ancêtres, de Marie, de sa vie …

Bref vous auriez pu lui consacrer un livre !

 

                                                                    A.A.Lavoye du Vivier

 

Pellevoisin le 13 juin 2009

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Histoires Vraies
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Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 06:56

     montr-sor-3.jpgMontrésor est par son étendue, la plus petite commune de Touraine, avec moins d’un kilomètre deux cents de superficie, mais c'est pourtant un des plus beaux villages de France. Avec ses rues pittoresques, bâti à l'ombre protectrice de son puissant château qui domine de haut de la vallée de l'Indrois,  le village à fière allure et attire désormais nombre de touristes…


Dans ce décor luxuriant, le nom de la commune évoque pour l’humble visiteur quelque origine lointaine et légendaire, mais chacun connaît ici la belle histoire de ces deux chevaliers se reposant au bord de l'Indrois, qui virent soudain sortir de l'anfractuosité d'un rocher un petit lézard « couvert d'une cuirasse d'or ». Les chevaliers se précipitèrent aussitôt vers le rocher dans lequel s'ouvrait un souterrain au bout duquel ils découvrirent un somptueux trésor.

La vérité est certes beaucoup moins poétique, mais néanmoins réelle,   le fief de Montrésor relevait autrefois du Trésorier du Chapitre de la Cathédrale de Tours d'où son nom de "Mons Thesauri"  au Xème siècle,  devenu "Monthésour" au XIIIème,  puis enfin Montrésor.

Le premier seigneur connu de Montrésor en fut Roger le Petit Diable, qui vivait au XIème siècle. Contemporain du comte d'Anjou, Foulques Nerra, aux côtés duquel il se battit contre les comtes de Blois, et  Eudes de Blois. Il édifia, au bord du coteau escarpé qui domine l'Indrois, un premier donjon défensif aujourd'hui disparu.  Cette puissante forteresse joua un rôle important dans la lutte qui opposa le comte d'Anjou aux comtes de Blois, pour la domination de la Touraine.

Montrésor connut bien d'autres seigneurs, avant de passer aux mains des Plantagenêt, montr-sor-4.jpgrois d'Angleterre. C'est Philippe Auguste qui leur reprit la place en 1188.

Jean III de Bueil, rebâtit le château une première fois à partir de 1375. Puis, en 1493, Imbert de Bastarnay, seigneur du Bouchage et de Bridoré, devient le propriétaire de la chatellerie de Montrésor pour la somme de 6800 livres tournois. Imbert, grand-père de Diane de Poitiers, fidèle conseiller des rois Louis XI, Charles VII, Louis XII et François Ier,  débute la construction d'un logis neuf à l'intérieur de l'enceinte fortifiée. La vaste demeure de plaisance devait abriter la cour qui entourait ce grand seigneur. Elle devait aussi servir de cadre aux fêtes somptueuses qu'il organisait avec l'aide de son épouse, la belle Georgette de Montchenu, qui,  selon les chroniques, dansait avec grâce et jouait de la musique avec talent.

Cette construction fut achevée en 1502. C'est un logis de plan rectangulaire dont la façade sur la cour porte aux angles des échauguettes en encorbellement. Une tourelle polygonale abrite l'escalier. La façade méridionale, vers la vallée, domine les toits pointus du vieux bourg blotti à ses pieds. Encadrée de deux tours cylindriques couronnées de mâchicoulis, elle est percée de deux étages de fenêtres à meneaux surmontées de lucarnes.

Imbert de Bastarnay débute aussi, en 1493, la construction d'une collégiale qui sera achevée par son petit-fils René.

Dès le XVIIème siècle, Montrésor change plusieurs fois de propriétaires, pour appartenir successivement à Charles de Lorraine, aux seigneurs de Bourdeilles, et à Philippe d'Orléans.

Une première campagne de travaux, intervenue dans les années 1830, supprime la chapelle et restaure la partie Ouest du logis.

En 1849, Xavier Branicki, fils d'une illustre famille polonaise, devient le propriétaire du château de Montrésor en même temps que plus de 2 000 ha de terres situées dans les environs. Cet émigré polonais, accompagna le prince Napoléon à Constantinople, lors de la guerre de Crimée, et tenta de former un régiment polonais. Il fut aussi un important financier qui participa à la création du Crédit Foncier de France. Auteur d'ouvrages économiques, politiques et historiques, le nouveau châtelain de Montrésor fut aussi, pour la petite commune (dont il fut le maire de 1860 à 1870), un généreux mécène.
A partir de 1849, le comte Branicki reconstruit presque entièrement le logis d'Imbert de Bastarnay, dont il ne reste malheureusement que les pignons et les murs porteurs intérieurs.
Xavier Branicki, grand amateur d'art et collectionneur avisé, a constitué peu à peu dans son château un véritable musée (meubles de la Renaissance italienne, trophées de chasse, et aussi pièces d'orfèvrerie provenant des anciens rois de Pologne).

Du château féodal de Montrésor reconstruit à la fin du XIVème siècle, par Jean de Bueil, il ne subsiste, dominant l'Indrois, que l'enceinte, les deux tours décapitées et les vestiges de la porte d'entrée Est. Les deux tours sont reliées entre elles par un haut mur, elles précèdent l'entrée actuelle du château. Par contre les fortifications qui protégeaient la place sont encore impressionnantes, notamment du côté du plateau où furent creusés dans le calcaire des fossés secs. Deux énormes tours rondes, flanquant une première enceinte, en constituent l'élément le plus spectaculaire. Légèrement en retrait et au-dessus, sur la bute qui porte le château, s'élève une seconde courtine, renforcée de tours et d'épais contreforts. ( On aperçoit encore une partie de ses créneaux et de son chemin de ronde. )
Du logis neuf, construit par Imbert de Bastarnay, il ne reste presque rien. Ce logis présentait les dispositions traditionnelles des constructions de ce type à la fin du XVème siècle : de grandes lucarnes, un escalier en vis hors œuvre dans une tour polygonale.

En 1830, la chapelle fut supprimée ce qui restaura la partie ouest du logis dans on état d'origine.

montr-sor-2.jpgEntièrement restauré et meublé, doté d'une importante collection d'œuvre d'art, le château est aujourd'hui tel qu'il était à l'époque de Xavier Branicki.
Les salons comportent de nombreux tableaux, primitifs italiens provenant de la collection du cardinal Fesch, oncle de Napoléon Ier, des peintures retraçant l'histoire de la Pologne, des portraits de famille peints par Madame Vigée-Lebrun, Winterhalter, des bas-reliefs en bois du XVIIème siècle de Pierre Vanneau représentant les batailles du roi de Pologne Jean III Sobiski contre les Ottomans, de fort belles pièces d'orfèvrerie appartenant aux rois de Pologne, des trophée de chasse, des décorations et souvenirs militaires, etc.

Depuis le château, la vue est imprenable sur les gâtines de Loches et de Montrésor et ses petites vallées qui serpentent entre des massifs forestiers épars.

Le jardin se découvre à l'intérieur des murailles de la forteresse. Dans ce petit espace au charme médiéval, le parc offre de belles ambiances de l'époque du second Empire. Les terrasses sont étagées sur quatre niveaux en passant par l'orangerie et le jardin d'hiver. Cette disposition confère au site un cachet très pittoresque. Une collection de pivoines arborescentes très intéressante y est cultivée.
Chaque niveau vous permet de découvrir plusieurs aspects du paysage. Sur le toit, le panorama découvre une vue sur la vallée de l'amont à l'aval du village.

La visite du château est à compléter par la collégiale Saint Jean Baptiste qui se trouve au bas du village. Elle fut bâtie de 1519 à 1541 dans le style gothique. Cette collégiale fait partie d'un groupe de chapelles à vocation funéraire, avec celle d'Ussé et des Roches-Tranchelion. Au bas de la nef, trois magnifiques gisants de marbre blanc, abritent les dépouilles d'Imbert de Bastarnay, de son épouse et de leur fils.
Dans la chapelle du chœur, se trouve l'Annonciation peinte par Philippe de Champaigne au 17ème siècle. Consacrée en 1522, la collégiale offre un très beau décor Renaissance.
La porte sud est notamment encadrée de deux colonnes dont le fût est coupé par une large bague moulurée. De belles chutes ornent les colonnes baguées. Ce motif décoratif qui se lit de haut en bas, commence par un anneau auquel s'accroche un fil qui porte toute sorte d'objets suspendus.
montr-sor-6.jpgDans la partie inférieure de l'un des fûts, un bucrane - ou tête de bœuf - orné de feuillages se cache dans l'enchaînement des objets.
L'écoinçon de l'arc de la porte est orné d'un grand squelette qui tient une faux, représentation peu fréquente de la mort dans la sculpture ornementale de la première Renaissance.

Ne pas oublier de visiter avant de quitter Montrésor la superbe Halle aux Cardeux qui rappelle que la région était jadis agricole et plus particulièrement tournée vers l’élevage des moutons, dont ont faisait entre autre commerce de la laine…

 

Alain Lavoye du Vivier

 

Sources : 

Textes et photos OT de Montrésor et diverses publications anciennes et récentes… Et évidemment visite des lieux le 29/07/2008

 

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Vendredi 16 mars 2012 5 16 /03 /Mars /2012 06:40

                    Une vie !

 

Avoir dix ans, c’est croire…

Avoir vingt ans, c’est beaucoup d’espoirs !

A trente ans on a déjà une histoire.
Quarante années pour entrevoir,

Cinquante ans de désespoir…

Soixante ans plus le temps de voir …

Après vient l’attente de l’au revoir !

 

                                  A.A.LdV

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Poésie
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Dimanche 12 février 2012 7 12 /02 /Fév /2012 07:59

Dictée : Vêtu de sa longue blouse grise, monsieur Altazin

Parcourait les allées, du tableau à la porte du fond...

L’instituteur articulait parfaitement chaque mot du texte,

Insistant sur les terminaisons difficiles,

Répétant lentement les mots un à un.

D’une main agile, il distribuait des petites calottes,

Celles-ci corrigeaient rapidement un font,

Elles corrigeaient aussi la maré, le cabiner, le magazin .

 

Notre instituteur ne plaisantait pas avec l’orthographe ou la grammaire...

‘’Dupont âne bâté ! ‘’ S’écriait-t-il soudain, je veux voir ton père demain.

En attendant, à genoux sur l’estrade les mains sur la tête...

Tu me copieras cent fois la phrase : ‘’ Je dois écouter le maître ! ‘’

 

Géographie : Dupont regagne ta place

Et montre-moi sur la carte où se trouve Arras.

Bien : toi là-bas qui bavarde,

Montre nous où se trouve Brive-la-Gaillarde ...

Tu me copieras pour demain

Deux cent fois : je dois me taire en classe, signé par les parents !

 

Récréation : sortez en silence.

Il arpentait la cour avec un autre maître,

Le sifflet aux lèvres à la moindre bousculade,

Et gare à celui qui cherchait la bagarre.

En rang par deux, entrez  dans vos classes en silence

Récitation :  Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal...

José-Maria de Hérédia, je m’en souviens encore !

 

L’école du Fort, Monsieur Altazin,  

Par Chevalier de Clermont
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Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 07:42

 

Elle avait peint ses volets violets,

Allez savoir pourquoi ?

Elle avait peint ses volets violets,

Une drôle d’idée...

 

Maisonnette avec un curieux toit, 

Seule...  Perdue dans la campagne triste de décembre,

Aux arbres dépouillés, à l’herbe jaunie

Aux haies toutes penchées

Par le vent mauvais qui balaye la plaine !

 

J’ai cogné à la porte,

Elle m’est apparue...

 

Petite vieille toute menue, aux cheveux blancs,

Aux yeux trop clairs délavés par les larmes,

Aux mains tordues, déformées par les lessives.

Elle m’a regardé, et m’a dit doucement c’est pourquoi ?

C’est pour rien madame, ou plutôt si...

C’est pour savoir pourquoi vos volets violets ?

Mes volets violets, ... Pourquoi !

 

Elle s’est mise à rire, à rire, elle n’arrivait plus à s’arrêter !

Mes volets violets ... Pourquoi !

Personne ne vient jamais me voir, monsieur,

 Je suis seule au monde

Alors des volets violets... Pourquoi !

 

Et bien simplement pour que des gens curieux comme vous,

S’arrêtent de temps à autre me demander pourquoi ?

 

A.Lavoye du Vivier

 

 

 

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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 18:06

Souvenirs de Calais, Gravelines, Bray-Dunes, Malo les Bains...

 

Souvenirs d’Ostende,  Middelkerke, Knokke Le Zoute !

 

La Plage est déserte… C’est la fin de la saison…

 

Aujourd’hui, la plage est déserte… Hier encore des enfants joyeux y faisaient voler leurs avions de papier,   rouler leur ballons multicolores …

 

Hier encore, quelques jolies baigneuses rajustaient pudiquement leurs maillots en sortant de l’onde…

 

Les maitres nageurs rentraient leurs ventres, pour mieux faire saillir leurs muscles, sous les yeux envieux de quelques pères de famille aux bedons proéminents, atrophiés par les multiples pintes de bière ingurgitées chez Mado ou chez Gus…

 

L’été est fini, la plage est déserte, le vent mauvais va désormais souffler sur la Flandre, jusqu’au printemps au moins, faisant tourner trop vite les ailes des moulins, ployant sous son souffle les grands arbres rabougris.

 

Il fera bon désormais fermer tôt les volets et s’asseoir devant la grande cheminée, où crépiteront quelques bûches de bois sec, en pensant aux champs de blé blond qui ondulent l’été sous la brise !

 

Rêver de la mer du Nord, de ses vagues qui viennent mourir sur la grève, de ses blancs voiliers voguant vers le large... Vers l’aventure !  De ses dunes aux hoyas fragiles, frissonnants, bref de la Flandre qui restera pour toujours

’ Ma Terre Natale ‘’ 

 

Pardon de profiter de la magnifique appellation de Brel pour cette belle contrée méconnue ‘’Le plat Pays qui est le Mien !’’

A.Lavoye du Vivier 

 

 

 

 

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Poésie
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Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 16:30

fille-sur-plage.JPG Des traces de pas sur le sable mouillé,

Tes menus pieds de fille marchant vers la mer...

Tes cheveux en bataille sur tes épaules halées,

Ta robe fine par la brise légère, sur ta peau collée.

Et ton dernier regard avant de me quitter...

Il y a si longtemps, combien d’étés, combien d’hivers ?

Je n’ai jamais oublié tes beaux grands yeux  gris-vert...

 

 Les vagues se brisaient au loin sur les rochers ...

Dans ma tête montait comme une tempête

J’ai cru que la pluie s’était mise à tomber ...

Ce n’était sur mes joues que des larmes salées ...

Dieu à vingt ans que les hommes sont bêtes !

 

A.Lavoye du Vivier

   Pellevoisin le 15/12/2012

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Poésie
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