Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 17:09

 

Voilà ... La neige s'est mise à tomber sur le Berry, transformant la campagne en un formidable tableau réaliste et changeant.

Telle une carte postale ancienne, semblable à celles que nous recevions au temps de notre jeunesse … Il y a si longtemps !

 

‘’ Gros baisers de la montagne.’’

Tata Françoise, tonton Louis !

 

Les mains bleuies par le froid, nous nous lancions les boules glacées, avant de rouler un bonhomme, le plus grand possible, que l’on coiffait d’un vieux chapeau, que l’on flanquait d’une pipe,   fierté éphémère du jardin des parents…

 

Que de rêves devant ce tableau magnifique…

 

ALdV

Par Chevalier de Clermont
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 07:42

 

Elle avait peint ses volets violets,

Allez savoir pourquoi ?

Elle avait peint ses volets violets,

Une drôle d’idée...

 

Maisonnette avec un curieux toit, 

Seule...  Perdue dans la campagne triste de décembre,

Aux arbres dépouillés, à l’herbe jaunie

Aux haies toutes penchées

Par le vent mauvais qui balaye la plaine !

 

J’ai cogné à la porte,

Elle m’est apparue...

 

Petite vieille toute menue, aux cheveux blancs,

Aux yeux trop clairs délavés par les larmes,

Aux mains tordues, déformées par les lessives.

Elle m’a regardé, et m’a dit doucement c’est pourquoi ?

C’est pour rien madame, ou plutôt si...

C’est pour savoir pourquoi vos volets violets ?

Mes volets violets, ... Pourquoi !

 

Elle s’est mise à rire, à rire, elle n’arrivait plus à s’arrêter !

Mes volets violets ... Pourquoi !

Personne ne vient jamais me voir, monsieur,

 Je suis seule au monde

Alors des volets violets... Pourquoi !

 

Et bien simplement pour que des gens curieux comme vous,

S’arrêtent de temps à autre me demander pourquoi ?

 

A.Lavoye du Vivier

 

 

 

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 18:06

Souvenirs de Calais, Gravelines, Bray-Dunes, Malo les Bains...

 

Souvenirs d’Ostende,  Middelkerke, Knokke Le Zoute !

 

La Plage est déserte… C’est la fin de la saison…

 

Aujourd’hui, la plage est déserte… Hier encore des enfants joyeux y faisaient voler leurs avions de papier,   rouler leur ballons multicolores …

 

Hier encore, quelques jolies baigneuses rajustaient pudiquement leurs maillots en sortant de l’onde…

 

Les maitres nageurs rentraient leurs ventres, pour mieux faire saillir leurs muscles, sous les yeux envieux de quelques pères de famille aux bedons proéminents, atrophiés par les multiples pintes de bière ingurgitées chez Mado ou chez Gus…

 

L’été est fini, la plage est déserte, le vent mauvais va désormais souffler sur la Flandre, jusqu’au printemps au moins, faisant tourner trop vite les ailes des moulins, ployant sous son souffle les grands arbres rabougris.

 

Il fera bon désormais fermer tôt les volets et s’asseoir devant la grande cheminée, où crépiteront quelques bûches de bois sec, en pensant aux champs de blé blond qui ondulent l’été sous la brise !

 

Rêver de la mer du Nord, de ses vagues qui viennent mourir sur la grève, de ses blancs voiliers voguant vers le large... Vers l’aventure !  De ses dunes aux hoyas fragiles, frissonnants, bref de la Flandre qui restera pour toujours

’ Ma Terre Natale ‘’ 

 

Pardon de profiter de la magnifique appellation de Brel pour cette belle contrée méconnue ‘’Le plat Pays qui est le Mien !’’

A.Lavoye du Vivier 

 

 

 

 

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 15 décembre 2011 4 15 /12 /Déc /2011 16:30

fille-sur-plage.JPG Des traces de pas sur le sable mouillé,

Tes menus pieds de fille marchant vers la mer...

Tes cheveux en bataille sur tes épaules halées,

Ta robe fine par la brise légère, sur ta peau collée.

Et ton dernier regard avant de me quitter...

Il y a si longtemps, combien d’étés, combien d’hivers ?

Je n’ai jamais oublié tes beaux grands yeux  gris-vert...

 

 Les vagues se brisaient au loin sur les rochers ...

Dans ma tête montait comme une tempête

J’ai cru que la pluie s’était mise à tomber ...

Ce n’était sur mes joues que des larmes salées ...

Dieu à vingt ans que les hommes sont bêtes !

 

A.Lavoye du Vivier

   Pellevoisin le 15/12/2012

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Poésie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 15:26

Mon père peu après la dernière guerre possédait un  petit marais, dans uncasque-bon.jpg endroit  bien particulier. Ce trou d'eau avait été creusé entre des deux conflits par un carrier pour en tirer le sable et les cailloux nécessaires à la construction des maisons des quartiers alentours !

 

Il était situé dans une immense plaine, ravagée par les bombes déversées par milliers par nos amis Anglais sur les " Bôches " qui occupaient les bords de la mer du Nord !  Les abords de cet endroit avaient abrité durant le conflit le casernement de nos ennemis d'alors, baraquements de logements, mais aussi de cantine, d’armurerie etc...

 

Lors de la débâcle allemande à la libération, les militaires avaient abandonné sur place leur matériel guerrier, d’autres s'étaient débarrassés de leurs armes dans la mare, et celle-ci regorgeait de trésors tels que fusils-mitrailleurs, revolvers grenades à manches et autres sabres et baïonnettes.

 

Souvent l'été, quand l'eau baissait avec la sécheresse, on pouvait apercevoir un canon de fusil qui surgissait de la vase, ou du pain d'ennette.  Souvent lorsque je me baignais dans la partie profonde du plan d'eau il m'arrivait de me cogner les genoux contre une pièce à faire pâlir de jalousie un collectionneur avertis. Inutile de vous confier le nombre de pièces rares dont je disposais à l'époque... Je n'avais pas dix ans !

 

Cet espace tourmenté ou du reste l’association ‘‘ Abbé Lemire " avait créé une cinquantaine de " Jardins Ouvriers, " était pour les jeunes de l'époque un terrain de jeu extraordinaire.

 

Aller jouer dans  " La Plaine " était la destination préférée des enfants comme des jeunes gens de l'époque... Combien d'aventures y avons nous vécues ?

Combien d'amourettes sont-elles nées le long des " Jardins Ouvriers ? "

 

Et puis il y avait les blockhaus dont les Allemands avaient truffé la région côtière parmi ceux-ci, dans '' Ma plaine " celui de Monsieur Delphi !  Personnage semblant sortis tout droit d'un roman de Maxence Van Der Meersch traitant la patte, inquiétant mais brave, braconnier mais honnête...

 

Bref l'enfance des jeunes de l'époque ne manquait pas de fantaisies ni d'attraits. Nul besoin de télévision ni de jeux vidéo pour vivre une aventure elle commençait au bout de la rue, il suffisait de traverser un terrain vague et d'atteindre " La Plaine !"

 

Au bord de cette mare ou mon père avait placé une hutte, un soir d'hiver, en allant attacher les canards chargés de tromper leurs congénères sauvages et de les appeler à se poser,   je me fis mal à la jambe contre un objet pointu !

Sitôt repéré, ce dernier fut sorti de la vase, il s'agissait d'un superbe casque à pointe de l'armée teutonne.  Il était en cuivre, couvert de dorures et autres parures, en l'occurrence un couvre- chef d’officier Uhlan ! (Origine aussitôt confirmée par mon grand-père, véritable expert qui avait passé plusieurs ennemis ainsi casqués au fil de sa baïonnette en 14/18.)

 

Fier comme Artaban, je montrais à mon père ma trouvaille lui confiant sans retenue pour la première fois, que cet objet magnifique allait venir enrichir ma collection d'objets de guerre... Ce qui le laissa pantois, car il ignorait totalement mon trésor.  Je fus alors contraint de le conduire dans ma cachette et sous la soupente d'une grange, il découvrit mes revolvers, mes pistolets mitrailleurs mon stock de cartouches mes baïonnettes et mes sabres de cavalerie...

 

Mon père entra dans une colère noire lui qui avait passé sept années de sa vie à souffrir de la guerre (deux ans soldat et cinq ans de captivité en Allemagne) rassembla mon trésor dans des sacs en jute et balança le tout dans un profond trou d'eau poche de notre demeure...

 

Il me fut impossible de retrouver plus tard mes chers objets, malgré de nombreuses plongées, car cette flaque avait été creusée par le carrier cité plus haut, et draguée à plus de 20 mètres de profondeur par une sorte de bac coulissant sur un câble.

 

Bref quand je passe aujourd'hui encore à Calais, au Fort Nieulay devant ' ' Ma chère Plaine '' devenu un espace de loisirs, pelousé et arboré entourant " Le Vieux Fort  " œuvre restauré du grand Vauban, j’ai une pensée émue pour mon trésor enfoui à jamais !

 

A.A.Lavoye du Vivier

 

 

 

 

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Histoires Vraies
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 12:13

Qu’importe le pouvoir, la puissance, la gloire, si admirant trop ses plumes de paon dans la glace d’un grand magasin, on laisse passer un petit bonheur qui trottine sur le trottoir d’en face ! AA.Ldv

Par Chevalier de Clermont
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 13:49

M-Callas-1.jpg

Maria Anna Sophia Kologéropoulos est nait à New York le 2 décembre 1923. Ses parents qui mènent une vie plutôt misérable simplifient leur nom en Callas.  La mère de Maria rêve cependant que ses filles fassent des carrières d’artistes …

 

Maria étudie le piano, puis le chant, et devient l’élève de Maria Trivela puis d’Elvira de Hidalgo, qui sera également sa confidente. Elle débute à 17 ans, dans Boccace de Franz Von Suppé.  Sa carrière prend un tournant décisif lorsqu’elle rencontre le chef d’orchestre italien Tullio Sérafin. Ce dernier lui offre la Giaconda de Ponchielle aux arènes de Vérone en 1947… C’est lui qui fera de Maria ‘’ La Callas ‘’.

 

La même année, elle épouse Gianbattista Meneghini le patron d’une entreprise de fabrication de briques, féru d’opéra. Ils divorceront avec fracas en 1960.  Maria sera alors jusqu’en 1968 la tumultueuse et passionnée maîtresse de l’armateur milliardaire Aristote Onassis… A cette date, ce dernier épouse Jackie Kennedy, la veuve de l’ancien président des Etats-Unis d’Amérique ! Bien que séparé de cet homme, Maria considèrera ce mariage qu’il lui avait toujours refusé comme une trahison.

 

De cette liaison avec Aristote, Maria eut un enfant prénommé Milan qui mourut quelques heures après sa naissance.

 

Entouré par les plus remarquables artistes du XX siècle, Maria Callas se produit sur les plus grandes scènes du Monde. Elle déclanche un véritable scandale par une défection à la fin du premier acte de la Norma de Bellini, obligeant le président de la république Saragat à quitter la salle. Elle fait aussi la ‘’ Une ’’ des journaux tant par son caractère de tigresse que par sa rivalité mémorable avec Renata Tebaldi.  (Ce qui lui vaudra d’être exclue de la Scala de Milan.) 

 

Retirée de la scène au début de l’année 1970, Maria se consacre à l’enseignement et aux récitals,   tout en subissant de nombreux problèmes de santé… En 1971 elle se consacre à la direction de classes de chant à New York.  Elle prend soins alors d’expliquer, de détailler,   et de raisonner tous les rôles abordés par ses étudiants…

 

A Partir de 1974, Maria s’enferme dans son appartement parisien Avenue Georges Mandel, s’enfonçant lentement dans la solitude, écoutant inlassablement ses enregistrements !

 

La Diva meurt solitaire le 16 septembre 1977.  La cause de sa mort officielle est due à une crise cardiaque. Cette disparition reste aujourd’hui encore un véritable mystère… Il paraît vraisemblable qu’elle se soit suicidée par une absorption massive de tranquillisants, mais la hâte avec laquelle elle fut incinérée, rendront impossible toute autopsie…

 

Ainsi peut-on résumer la vie de la plus grande Diva connue à ce jour. Une vie durant laquelle elle chercha simplement à être aimée, une quête perpétuelle du bonheur !

 

 

‘’ Ce n’est pas de mourir qui est triste…

 C’est de vivre quand on n’est pas heureux !’’ 

              Octave Mirbeau

 

      Archives et documentations diverses ont été rassemblées pour réaliser cet hommage à Maria Callas

 

A.A.LdV

 

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Femmes je vous aime !
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 13:53

Ma-guitare-1.JPGComme tous les jeunes ou presque, qui avaient une vingtaine d’années en 68, j’ai gratté ma guitare, avec plus ou moins de réussite, tentant inlassablement de plaquer quelques accords pour accompagner une pale interprétation de la mélodie d’une idole : Brassens, Ferré, Ferrat, Barbara, Trenet, Bobby Lapointe, Gilbert Bécaud !  

Puis les responsabilités professionnelles, les enfants, la vie quoi, m’ont éloigné de cette magique œuvre luthière.  

 

 J’ai remisé ma guitare dans un coin, sans considération autre, je l’ai oublié.  Un jour Antoine mon fils cadet tout jeune alors,  n’a rien trouvé de mieux que de s’en servir comme luge, comme cheval ou autre jouet , mais surtout en sautant sur elle à pieds joints , l’a rendue inutilisable.  Je suis donc resté éloigné de cet instrument une trentaine d’années, jusqu’au jour ou retrouvant Pierre, un ami, après 36 ans d’éloignement du aux mutations professionnelles, nous avons parlé guitare, lui en était devenu un véritable virtuose, depuis son départ à la retraite. Je l’ai écouté avec ravissement interpréter l’ami Georges, l’envie aussitôt m’est venue de m’y remettre...

 

Quelques jours plus tard, lors d’un déjeuner à la maison, j’ai évoqué cette envie de reprendre la guitare devant un copain, qui avait jadis tenté de grattouiller cet instrument. Il possédait une guitare classique Espagnole dans son grenier, instrument dont il n’avait plus que faire. Il me l’a offerte.

 

C’est exactement la même que celle que j’avais jadis, la guitare de ma jeunesse... Alors je me remets difficilement je l’avoue à plaquer quelques accords, maintenant j’ai tout mon temps et je vais tenter de me souvenir de quelques complaintes du passé ‘’ J’ai commencé par Brassens ‘’ Le temps ne fais rien à l’affaire, quand on est con on est con ! 

 

Amusant non ?

 

A.ALdV.

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Histoires Vraies
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 07:18

chateau-1.jpg

Histoire des seigneurs d'Argy

Les premiers seigneurs d'Argy nous sont connus par les cartulaires : ceux de l'abbaye du Landais, de Beaugerais et de Villeloin. Un Archambaud est cité en 1115 pour ses donations à ces fondations religieuses ainsi que quelques-uns de ses successeurs. Au XIIIème siècle, les seigneurs d'Argy sont vassaux de ceux de Buzançais, et sont aussi seigneurs de Palluau sur Indre. Cette première lignée s'éteint à la fin du XIIIème siècle. La châtellenie d'Argy passe ensuite aux seigneurs de Prunge, puis à la famille de Brillac.

La famille de Brillacchateau-3.jpg

La première mention hypothétique de cette famille se trouve dans un texte daté de 1317 qui parle d'un partage de terres entre Jehanne fille de feu Jean Troussebois jadis seigneur de Laleu et Guyard fils de Guyard Guy, chevalier, sire de Chabannes et d'Arge

Certains historiens font appartenir ce Guyard Guy à la famille de Brillac, mais il est difficile de dater avec précision leur arrivée et leur prise de possession de la châtellenie d'Argy.

En 1366, un Guy de Brillac fait aveu à Guy de Chauvigny de son châtel et châtellenie de Prungé, mais il n'est pas question de la seigneurie d'Argy. En 1404, autre repère, nous trouvons un aveu et dénombrement de Guyard Guy de Brillac seigneur d'Arge de Chabanet et de Prunge du château et châtellenie de Prunge.

En réalité, c'est seulement à partir de la moitié du XVème siècle que nous sommes vraiment bien documentés sur la famille de Brillac, et plus particulièrement à l'époque de Pierre, chevalier, seigneur d'Argy, conseiller et chambellan du roi Louis XI.

Les Brillac d'Argy ; Origine et ascension

Cette famille serait d'une ancienne lignée de chevalerie originaire de la Basse-Marche selon certains auteurs, mais d'autres la font venir du Poitou ou de Touraine. En tout cas, au XVème siècle, cette famille connaît la faveur royale et l'ascension sociale. un certain Guy de Brillac - qui n'est pas seigneur d'Argy -, époux de Marie ou Marthe de Pompadour, est ambassadeur de Charles VII à Milan ; il a deux fils : Antoine - seigneur de Villemexant - et Clément de Brillac - évèque de Tulle.

Nous trouvons ensuite un Jean de Brillac de la famille des seigneurs d'Argi en Berry qui a trois fils : Georges de Brillac, seigneur de Courcelles-le-Roi, mentionné comme chambellan du duc d'Orléans en 1455, François de Brillac, évèque d'Orléans et Pierre de Brillac, seigneur d'Argy.

François de Brillac mérite une mention particulière, car il semble avoir joué un rôle historique relativement important. En 1476, il célèbre le mariage de Louis d'Orléans avec Jeanne de France - fille du roi Louis XI. Louis d'Orléans deviendra plus tard Louis XII, et la famille de Brillac semble attachée à ce monarque, d'autant plus que Georges de Brillac, frère de François et mentionné plus haut etait déjà chambellan du duc Charles d'Orléans (le poète), père de Louis XII. Comme nous le verrons plus loin, les liens entre la maison d'Orléans se poursuvront à la génération suivante. François de Brillac participa également à une assemblée d'évêques où il fut question d'une croisade. Enfin il s'occupa de l'achèvement de la construction de la cathédrale d'Orléans. Il possaidait une grande fortune et jouissait des revenus des châteaux de Meung et Pithiviers.

Pierre de Brillac, fils de Jean, hérita de la seigneurie d'Argy. Il est le premier seigneur sur lequel nous soyons vraiment bien documenté : il occupe la charge de conseiller et chambellan du roi Louis XI. Il épousa Anne de Tranchelion, de la famille des seigneurs de Palluau sur Indre, qui devaient posséder une fortune assez confortable, puisqu'ils firent reconstruire une grande partie de leur château. Pierre de Brillac, réalisa donc une alliance avec la noblesse locale. Avec lui, les seigneurs d'Argy cessent d'âtre les vassaux de ceux de Buzançais. A la suite d'un différent avec Antoine de Prié où Pierre de Brillac fit appel au roi, les seigneurs d'Argy relèveront directement des rois de France, à cause de leur château de Tours et les actes de foi et hommages leur seront adressés et non plus aux seigneurs de Buzançais.

De son mariage avec Anne de Tranchelion, Pierre de Brillac eut deux fils connus : Charles et Christophe ; ce dernier ne naquit pas à Argy mais à Bourges, comme son oncle ; il fit une brillante carrière ecclésiastique qu'il termina comme archevêque de Tours de 1514 à 1520.

Charles de Brillac

Charles de Brillac est le seigneur d'Argy qui nous intéresse le plus, puisqu'il fit reconstruire le château d'Argy. Il est écuyer du roi, capitaine de Loudun, seigneur d'Argy et de Mons et termine sa carrière comme Maître d'Hotel ordinaire du roi Louis XII. Il meurt à Milan en 1509. Il fit donc un ou plusieurs voyages en Italie et a pu y admirer les édifices du quattrocento alors presque neufs. C'est visiblement un personnage bien en cour ; frère et neveu de grands prélats, fils d'un chambellan, sa charge de maître d'hôtel ordinaire du roi implique qu'il côtoie la personne royale au moins plusieurs fois par an. De plus il réalise une alliance fructueuse en épousant Jeanne de Varye, fille de Guillaume de Varye, homme de confiance de Jacques Coeur. Celle-ci lui apporte une dot considérable à la hauteur des finances de Guillaume de Varye. On peut penser que Charles de Brillac hérita d'une partie de la fortune des Varye : Une partie de la fortune des Varye, acquise dans les affaires de Jacques Coeur, et confirmée par la confiance royale, permit à Charles de Brilhac la transformation de la forteresse d'Argy. De son union avec Jeanne de Varye, Charles de Brillac eut une fille prénommée Renée. Nous savons également que vers 1500, Charles de Brillac épouse en seconde noce Louise de Balzac d'Entragues. C'est aussi à cette époque qu'il entreprend la reconstruction du château d'Argy et tout porte à croire qu'il le fit grâce à l'héritage de Jeanne de Varye décédée. Louise de Balzac était issue de la bonne noblesse d'épée : les Balzac d'Entragues nous sont bien connus et eurent des réprésentant célèbres, notamment Charles dit le bel Entraguet et surtout Henriette de Balzac d'Entragues, Marquise de Verneuil (après 1610) et favorite d'Henri IV. Cette famille possède charges et seigneuries importantes.

C'est donc à cette époque - vers 1500 - que les Brillac d'Argy connaissent leur apogée, avec la génération de Charles et Christophe : les revenus ecclésiastiques combinés aux revenus des seigneurs ainsi qu'à une alliance matrimoniale fructueuse, procurèrent à cette famille une grande aisance financière.

Les derniers Brillac d'Argy

Charles de Brillac eut plusieurs enfants de son mariage avec Louise de Balzac : l'aîné, Jacques, devient seigneur d'Argy à la mort de son père. Il est tantôt qualifié de chevalier de Saint Georges, tantôt de chevalier de l'ordre du roi. Il naquit entre 1500 et 1510, époque à laquelle Charles de Brillac était époux de Louise de Balzac. Il sert à la compagnie des cent gentilshommes de la garde du corps.

Après 1520, il hérite de son oncle, Christophe de Brillac archevêque de Tours, et constitue une rente en faveur des chanoines de l'église cathédrale de Tours.

Jaques de Brillac épousa Geneviève de Poizieux qui meurt en 1589. De cette union naquit un fils, René, qui devint seigneur d'Argy à la mort de son père. Il épousa Jacqueline de Savonnières dont il eut un fils prénommé Jacques et dernier descendant mâle des Brillac d'Argy qui mourut avant son père René.

La succession des Brillac d'Argy

A ce moment - vers 1584 ou 1585 - la châtellenie d'Argy revint à Dame Geneviève de Poizieux épouse du défunt Jacques de Brillac, mais à la mort de celle-ci se pose un épineux problème de succession : celle-ci est partagée entre Jean de Saint-Auy, seigneur d'Aiguemortes, héritier par alliance avec Charlotte de Brillac et Jacquette de Rilhac, épouse de Louis de Crevant et héritière de Jeanne de Varye.

Finalement, la succession des Brillac échoit à Messire Louys de Crevant, chevalier des ordres du roy, Conseiller en ses conseils d'Estats et privé, Capitaine de Cent Gentilshommes de sa Maison, gouverneur pour sa majesté de la Ville de Compiègne, ...

La châtellenie d'Argy du XVIIème siècle à nos jours

Parmi les seigneurs d'Argy qui succèdent aux Brillac, beaucoup n'ont laissé que peu de traces de leur passage ou n'ont pratiquement pas résidé au château. Il faut noter toutefois Jean Phelyppeaux, seigneur de Buzançais et de Palluau, qui fit construire les bâtiments de la basse-cour pour Dame ELizabeth Blondeau, ou du moins une partie de ceux-ci, car ces constructions ne sont mentionnées qu'à partir du moment où il posséda la châtellenie d'Argy.

Après lui, Jacques Leon Le Bouthilier de Chavigny, héritier de Dame Elizabeth Blondeau acquiert la seigneurie ; il ne la garda que 5 ans. En 1699, il l'échange avec Monseigneur Paul de Beauvilliers duc de Saint Aignan, personnage considérable à la cour de Louis XIV, possédant de nombeuses charges et seigneuries et qui n'occupa pas le domaine puisqu'il ne prit même pas la peine de venir prendre possession de son bien, et commit l'un de ses hommes de confiance à cette tâche.

Après diverses familles de haute noblesse, la châtellenie d'Argy échut par adjudication à Claude Douet de la Boulaye en 1766. C'est lui ou son successeur qui firent abattre l'aile Ouest du château. Les sources font apparaître que les Douet s'occupèrent activement du domaine. Ils établirent même un inventaire des archives et des titres de propriété de la seigneurie d'Argy.

Au début du XIXème siècle, le domaine passa à la famille De Lamotte qui s'occupa aussi avec intérêt du domaine et résida au château. C'est probablement à cette famille que nous devons la construction de l'aile XIXème en place du corps de logis primitif. Différents propriétaires se succèdent ensuite, jusqu'à l'abandon des bâtiments à la dernière guerre mondiale.

 

Club du Vieux Manoir
tél: 02.54.84.21.55.
fax: 02.54.84.22.15
cvmargy@wanadoo.fr
             

 

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Châteaux et Demeures Historiques
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 06:50

victor et ses aventures de chasseMon Père un peu avant la dernière guerre  possédait une chienne de très petite taille nommée Follette avec laquelle il chassait le lapin.

 

Follette était probablement le résultat des brefs  amours  d’une Fox à poils durs,  et  d’un Basset griffon Vendéen ou d’un Teckel à poils de sanglier ?

 

Victor qui veillait avec passion sur les chiens de mon Grand- père, n’avait pas voulu détruire la portée complète, curieux de voir le résultat à la chasse d’un tel produit issu de parents ‘’ fins de nez ‘’…  Il avait gardé Follette qu’il avait offerte à mon père, l’assurant qu’elle serait très bonne pour le lapin.

 

Très vite, mon père fut convaincu tant sa petite chienne était passionnée par la chasse des rongeurs.  Elle lui en fit tuer un nombre incalculable, car ils  pullulaient.   La myxomatose n’avait pas fait à cette époque les ravages que nous avons connus,  et connaissons malheureusement encore  !

 

Follette tuait aussi les rats à une vitesse incroyable leur rompant le cou d’un simple coup de dent,  et dans notre village, ‘’ un chien à rat ’’ était particulièrement apprécié ! La chienne de Papa avait une réputation dans toute la commune, et souvent les paysans des environs venaient la chercher pour détruire quelques sales bêtes, dans les écuries, dans les étables et autres  granges.

 

Ma famille possédait à l’époque un ancien fortin militaire, où avait séjourné, du moins le prétendait- on le Duc de Guise, quelques jours avant de recevoir sa célèbre balafre devant les remparts de Gravelines…

 

Ce fortin  truffé de trous,  d’escavations,  et  d’éboulements recouverts de végétation, était un lieu de prédilection pour les lapins,  qui trouvaient là le gîte et le couvert sans trop d’efforts.

 

Mon père était jeune, et passait la plupart de son temps libre à la chasse.  Il partageait  ses  cartouches entre les grives  et  les  lapins sans parcimonie.

 

Pour tirer Jeannot,  il se postait sur un monticule, et Follette faisait sortir les petits diables de leur cachette. Mon père excellent fusil n’avait qu’à les tirer !

 

Cependant, un matin après avoir sifflé sa chienne,  il fut surpris qu’elle ne la rejoigne pas … Follette avait  disparue ?

 

Inquiet, il appela Victor, et ensemble, ils  se dirigèrent vers le fortin qu’ils parcoururent en tout sens et criant  le nom de la chienne.

 

Malgré leurs efforts,  elle resta sourde à leurs appels !  C’est tard le soir, sales et fatigués, qu’ils abandonnèrent leurs recherches, considérant Follette en fugue, bien que cela ne fût point dans ses habitudes.

 

Un jour, deux jours, trois jours,  bref,  une semaine s’écoula… Mon père passait tout son temps à chercher sa chienne dans le fortin   ne décrochant même plus son fusil du râtelier !  Il espérait la voir revenir… Il espérait sans savoir vraiment quoi !

 

Grand-père lui avait dit : ‘’ Votre chien a probablement été pris au piège de quelque voisin,  ou abattu en train de braconner par un garde.

Mais Victor avait rétorqué qu’aucun de nos voisins n’aurait tué un chien qui prenait si bien les rats, et qu’il pensait lui que Follette était tombée dans un trou,  et qu’elle ne pouvait plus en sortir !

 

Les jours passèrent toujours pas de chien,  mon  Père et Victor avaient prévenu les voisins, le garde-champêtre,  les gardes-chasse de mon Grand-père,  ceux de nos voisins,  de nos amis rien !  Personne n’avait aperçu Follette.

Le curé du bourg annonça même pendant la messe du dimanche en chaire,  la disparition du chien de mon Père ! Follette devint le sujet des conversations du village.

 

Dix-sept  jours plus tard, un dimanche en début d’après midi,  mon père et sa jeune fiancée ( ma mère )  se promenant autour du fortin entendirent de faibles  jappements  provenant d’un éboulis. Ils s’approchèrent et cherchèrent fébrilement. Au bout d’un long moment, ils aperçurent la truffe claire de Follette  entre deux brèches,  dans les moelons. Aussitôt, ils se mirent à dégager la végétation et les  pierres, afin d’agrandir le trou. Mon Père à l’aide du couteau de chasse dont il ne se séparait jamais, put ouvrir un passage et y glisser une main,   puis il appela Follette… Follette !

 

Dans un saut que mon Père assura le reste de sa vie d‘ultime, Follette réussit à sauter du fond de son trou vers cette ouverture salvatrice et à y passer un bout de tête…

Mon Père saisissant le museau,  puis la peau du cou de la pauvre bête la tira de son caveau ! Follette n’avait plus que la peau sur les os. Véritable squelette,  elle ne tenait plus sur ses pattes,  mais elle était vivante…

Victor appelé par ma mère courut aussitôt traire une chèvre, et la pauvre chienne but lentement  un peu de lait chaud.

 Rentrés chez Grand-père, mon Père et sa fiancée prodiguèrent les plus grands soins  à la courageuse bête qui quelques jours plus tard,  poursuivait  à nouveau les lapins !

 

Follette vécue très vieille. Jusqu’à la fin de sa vie, elle  fit  tuer beaucoup de lapins  à mon Père…

 

Cette histoire, il  me l’a raconté souvent, puis il l’a raconté à mes enfants. Jusqu’à sa mort,  il n’a pas oublié  Follette sa petite chienne !

 

                                     A.A.Lavoye du Vivier

 

Histoire vraie publiée en février 1989  dans la Sauvagine quelques jours après le décès de mon père !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

              

 

 

 

Par Chevalier de Clermont - Publié dans : Chasse-Nature
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Janvier 2012
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés